Le nouveau bureau de l'ADFE-Tokyo
rencontre Jack Lang
De gauche à droite :
Alain Wacziarg, Cyril Fernagu, Jack Lang, Cédric Bertrand,
Etienne Barral, Jean-Louis Bazi
Elu le dimanche 9 octobre, le nouveau bureau de l'ADFE-Tokyo, accompagné des représentants du PS au Japon, a organisé lundi 10 octobre une rencontre avec Jack Lang. Cette réunion a eu lieu dans les locaux de l'Ambassade à Tokyo, en présence de Jack Lang et de son conseiller Mr Gilbert Erouart, 3 membres de l'ADFE-Tokyo (Etienne Barral, président; Cedric Bertrand, Trésorier et Alain Wacziarg, Vice-secrétaire), 2 représentants du PS au Japon (Jean-Louis Bazi, ancien président de l'ADFE-Tokyo et Cyril Fernagu) ainsi que Théo Chino, secrétaire de l'ADFE-New York.
Etienne Barral a commencé par décrire la population française à Tokyo, qui compte aujourd'hui 8500 membres (soit une augmentation de 30% par rapport à 2002). Il s'agit d'une population jeune, dont une très forte majorité (88%) travaille en tant qu'employés locaux. Une des préoccupations majeures de cette communauté est bien sûr le Lycée franco-japonais de Tokyo (LFJT). Autrefois composé principalement d'enfants issus de familles franco-françaises, le Lycée a vu croître depuis le début des années 2000 le nombre d'élèves franco-japonais. Actuellement, ces derniers représentent 40% du total des élèves.
Etienne Barral a attiré l'attention de Mr Lang sur la charge financière que représentent les frais de scolarité (7000 euros par an et par enfant). Monsieur Lang s'est intéressé particulièrement à la situation juridique actuelle du Lycée. Etienne Barral lui a rappelé la responsabilité de l'Etat français par rapport aux paiements des arriérés d'impôts demandés par la mairie de Tokyo : 750 000 euros (soit un huitième du budget de fonctionnement annuel du Lycée).
Etienne Barral a également évoqué le problème de l'insuffisance des bourses scolaires : celles-ci ne permettent aujourd'hui que de couvrir les besoins des familles en très grande difficulté. Mais les familles a revenus moyens ne peuvent en bénéficier, et doivent donc supporter l'intégralité des frais de scolarité (12 millions de yens - 88.000 euros pour une scolarité complète), quand l'école est gratuite pour tous en France. Un élargissement de l'assiette des bourses et une revalorisation des indices par pays permettraient une aide plus juste. A ce sujet, Mr Gilbert Erouart conseille de demander à Monsieur l'Ambassadeur de rappeler au ministère que le Japon est un pays cher, et qui nécessite donc une revalorisation des bourses par rapport à d'autres pays. Mr Erouart précise également qu'il sera très difficile de modifier le système des bourses tant que la gauche ne sera pas majoritaire à l'AFE dans la zone Asie.
Enfin, Etienne Barral a présenté à Jack Lang le système de l'EPP, l'exonération progressive partielle qui pourrait être une alternative crédible et réaliste à la gratuité réclamée par beaucoup mais qui reste pour l'instant un serpent de mer... Pour mémoire, le principe de l'Exonération Progressive Partielle (EPP), inédit dans tout le réseau des écoles françaises à l'étranger, est d'accorder à tous les élèves inscrits au LFJT une exonération partielle des frais de scolarité au prorata du nombre d'années passées au Lycée. Avec 10% de remise dès la cinquième année, 15% la sixième, 20% la septième, etc…, un élève entré en maternelle bénéficieront ainsi en Terminale de 60% de remise sur sa dernière année de scolarité au LFJT. Pour ses parents, cela représente une économie totale de 3 millions de yens, soit 25% de moins que ce qu'il en coûte actuellement pour une scolarité complète au Lycée.
Jean-Louis Bazi a ensuite décrit la situation politique actuelle parmi la population française au Japon. Il rappelle qu'alors que les Français au Japon ont traditionnellement voté a droite, Lionel Jospin a réuni 42% des voix exprimées au Japon et a dépassé le candidat Chirac lors du premier tour des élections présidentielles de 2002. Une large proportion des Français au Japon sont donc sensibles à une politique de gauche et il convient de répondre à leurs attentes. Etienne Barral indique que cela correspond au but qu'il se fixe en tant que président de l'ADFE, et qu'il veut rassembler une partie de la communauté française autour d'idées de gauche, et offrir une meilleure représentativité aux français implantés au Japon dans des conditions locales. Il rappelle à Mr Lang l'importance du vote électronique, qui permettrait aux Français expatriés de pouvoir exercer leur droit de vote, cela concerne plus de 2 millions de Français expatriés dans le monde.
Etienne Barral remet à JACK LANG un résumé des propositions de l'ADFE-Tokyo, ainsi que la lettre remise en 2005 à Mr Chirac pour l'informer sur la situation du Lycée de Tokyo. La réunion s'achève dans une ambiance décontractée par une séance de photos.
Etienne Barral était ensuite interviewé par une journaliste de France Inter. Il lui a rappelé que l'on restait citoyen français même en vivant à l'étranger et qu'il était indispensable de mieux tenir compte du rôle de ces Français pour l'image de l'Hexagone à l'étranger et accessoirement, pour le commerce extérieur de notre pays. « Nous n'avons pas renoncé à notre droit de vote en choisissant de vivre à l'étranger, et nous avons les mêmes droits que nos compatriotes de métropole » a-t-il rappelé.
Jack Lang avec Mizuho Fukushima,
au siège du Parti Social-Démocrate japonais
Le lendemain, Etienne Barral accompagnait Jack Lang lors de sa visite au siège du Parti social-démocrate japonais où le député s'est longuement entretenu avec Mizuho Fukushima, secrétaire-générale de cette formation d'opposition. Après l'entretien, Etienne Barral a noué des contacts avec les assistants de Madame Fukushima et la participation de l'ADFE-Tokyo à des groupes de travail avec le PSD ont été envisagés. A suivre…
Compte-rendu rédigé par Cédric Bertrand, Trésorier de l'ADFE-Tokyo, et les membres du bureau 2005